Par Lucie GUERIN
La victoire 0-1 du Sénégal face au Maroc lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations le 18 janvier dernier à Rabat provoque des tensions et des contestations. Le Sénégal gagne sur le terrain mais menace de quitter le match, entraînant une sanction de la Confédération Africaine du Football. Aujourd'hui, le Sénégal conteste toujours cette décision devant la Cour d'arbitrage du sport et revendique son titre.
Une décision arbitrale contestée : Début d'un match explosif
La finale de la Coupe d’Afrique des Nations opposant le Maroc au Sénégal le 18 janvier à Rabat promettait un beau duel. Malgré le but de Pape Gueye à la 95eme, la victoire du Sénégal est remise en question. Entre ambiance mouvementée et stress des supporters, le match bascule sur une action : le sénégalais Sarr marque à la 26eme minute. Le but semble valable puis l’arbitre siffle. But refusé. La faute préalable de Seck sur Hakimi est loin d’être évidente. La décision surprend les téléspectateurs mais également les joueurs présents sur le terrain. Le band s’agite du côté sénégalais, la tension est palpable dans tout le stade. Le match est arrêté plusieurs minutes. L'entraîneur Hervé Renard résume parfaitement la situation “ Tout commence par la mauvaise décision d’un homme… Il siffle trop vite. Il aurait pu utiliser la VAR (Video Assistant Refere)”. Le match bascule dans une autre dimension.
Un match sous tension entre polémiques et interruptions
Après cette décision, les joueurs sénégalais contestent et perdent leur calme. Ils ressentent un sentiment d'injustice en faveur des marocains. Sur le terrain, le jeu footballistique n'est plus le même, il devient nerveux et tendu. A la 90ème minute, sur une action dans la surface, le joueur marocain est déséquilibré. Un penalty est accordé au Maroc. Les Sénégalais contestent encore vivement mais l’arbitre maintient sa décision. .Les Sénégalais menacent de quitter la pelouse, certains commencent à se diriger vers les vestiaires, mais les arbitres et certains coéquipiers tel que le capitaine séngalais Sadio Mané arrivent à les convaincre de revenir et de terminer la rencontre. Le pénalty est raté par Diaz.Le jeu continue malgré les discussions constantes avec l'arbitre ralentissant le match. Celui-ci est interrompu et reprend seulement à la 86eme puis suit un but de Pape Gueye à la 95eme, le Sénégal devient vainqueur de la CAN.
Rupture et sanction après un match sous haute intensité
Ce geste des sénégalais, extrêmement rare, représente une rupture totale entre les joueurs, l’arbitrage et l’organisation. La règle est stricte, une équipe doit jouer un match jusqu’au bout même si elle estime subir une injustice. Or, lorsque les joueurs du Sénégal ont contesté l’arbitrage, menacé de quitter le terrain. Le cadre officiel n’est plus totalement respecté. Pour les Marocains, ce geste est inacceptable. La fédération marocaine dirigée par Fouzi Lekjaa voit dans cette attitude une atteinte à l’intégrité de la compétition de la CAN. Une plainte à l’encontre du Sénégal est immédiatement déposée auprès de la Confédération Africaine du Football ainsi que de la FIFA. Selon le règlement, si une équipe refuse de jouer ou de quitter ou tente de quitter le terrain, elle doit automatiquement être déclarée perdante. Ainsi, même si le Sénégal estime avoir été défavorisé, le fait d'avoir menacé de ne plus jouer suffit à remettre en cause sa victoire ou son résultat final. Du point de vue de la FIFA et la CAF, les matchs doivent rester sous contrôle et les joueurs doivent respecter l'arbitre sous peine de chaos total et de rendre les compétitions ingérables. Ainsi, la CAF considère le Sénégal en faute disciplinaire.
Trois mois après la finale, les joueurs et les supporters sénégalais ont célébré leur victoire et continuent à revendiquer leur titre malgré le conflit juridique, notamment en faisant appel de la décision de la CAF auprès de la Cour d'arbitrage du sport.
Sources :
https://www.nrpyrenees.fr/2026/01/20/larbitrage-lautre-perdant-de-la-can-2025-13172159.php